Juliette & Compagnie ? Voilà une antiquité !
J’avais écrit les premières strophes vers 1977, chez ma grand-mère. Donc très jeune.
Et puis, en 1984, comme j’avais des copains qui chantaient des chansons dites “kakoues”, et s’appelaient d’ailleurs eux-mêmes les Kakous, voulant leur offrir une poignée de chansons “kakoues”, j’ai complété ce « Juliette & Compagnie », puis ai écrit à leur intention deux ou trois autres chansons “kakoues”.
Hélas, dans Juliette & Compagnie il y avait bien trop de paroles. Mon ami, chanteur des Kakous, n’arrivant pas à les retenir toutes, cela resta finalement à l’état de projet… Et de fait en plan. D’autant que le groupe s’est séparé quelques mois après. (Un an ou deux au maximum.)
Bien plus tard, en 2012, j’en ai fait de mon côté, ce pour m'amuser - et par curiosité aussi peut-être ? -, des études audios.
Or, je viens de retrouver dans mes archives audios l’une de ces études de Juliette & Compagnie.
Enregistrée sur mon dictaphone de poche, c’est une étude vocale mi-parlée mi-“vaguement chantée”.
Ma foi… ?
Philippe Baudet, le 16 février 2013
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Juliette & compagnie…
(Chanson)
Ouvre ta fenêtre : regarde-les défiler ces chéries, ces mémères, ces damnées…
Ouvre tes yeux : voilà les Juliette & compagnie…
Juliette
La p’tite amazone
De ma zone
Coquette
Se pend à mon cou
Tout tout doux
Bébête
Ell(e) marmonne un p’tit :
« Tu m’aim(e)s dis ? »
Oh ! la conne !
C’est tout mou
T’as maigri
Lucie
La grand(e) “vibraphone”
Téléphone
- Lubie –
À tous les garçons
“Pas trop cons”
Mêm(e) si
Y-en a qui dégueul(e)nt
Ses gross(e)s meules
Elle est bonne !
C’n’est pas bon !
D’fair(e) bégueule !
Mireille
La vieill(e) demoiselle
A des ailes
Pareille
À une(e) Belle Armoire
À miroir
Ell(e) paye
Et rang(e) ses amants
En dedans
Hé Mam’zelle !
T’as l’tiroir
En avant !
Violine
La bell(e) shampouineuse
D’la rue d’Sèze
Coquine
À tous les gars fait
“L’coup d’l’effet” :
Maligne
Dans leur nuque ell(e) pose
Sa p’tit(e) Rose !
Ô la gueuse !
Quel bouquet !
Que sa Chose !
Edmonde
L’éternell(e) pucelle
Qui bat d’l’aile
Mapp’monde
Arbor(e) des tétines
Qui s’débinent
Qu’ell(e) bonde
Mais espère en vain
L’va-et-vient
Ah la belle !
Tes collines
N’font pas l’plein !
Françoise
L’étrang(e) callipyge
De vingt piges
Nous toise
De sa croupe immense
Quand on danse
On frise
Alors-e-le rut
- Oh la pute !
Et la tige
Ensemence
-E-le fute !
Josiane
La serveus(e) du bar
« Zanzibar »
Qui plane
Parmi les bouteilles
D’Cep Vermeil
Diaphane
Illumin(e) le rouge
Dans l’vieux bouge
C’est un phare
C’est l’soleil
Des éponges !
Camille
L’un(e) des fleurs-du-bourg
Fait l’amour
Aux filles
Leurs corps sont sa Mecque
Son bifteck
Sa ville ?
C’est bien sûr Gomorrhe
C’est son port
Pour ta cour
“Pauvre mec”
Vois ailleurs !
Suzy
Au fond de sa nuit
Ell(e) s’ennuie
Ell(e) s’dit
Qu’ell(e) veut s’fair(e) la malle
’Vec un mâle !
Ell(e) prie
Pour qu’ce soit Delon
Pas Gaston !
Pauvr(e) Suzy
Qu’est vestale
Pour de bon !
Zoé
La Fan-Transisteuse-
Babilleuse :
« Oh yé ! »
Se plaît en couplets
Des plus niais
Son pied
Ell(e) prend sur les ondes
Qui l’inondent
C’est-y d’l’hertz
Q’ell(e) se met
Dans la sonde ?
Gabie
La dingu(e) du pressing
Veut qu’ça swingue
Ell(e) crie
Éclat(e) les falzars
Sur l’comptoir
Comm(e) si
C’étaient des balèzes
Des qu’ell(e) baise
C’est la « King »
Du boul’vard
Cell(e) qu’est d’braise !
*
Les filles
Ces étoil(e)s-du-bal
Qu’on emballe
Gentilles
L’amour leur rend gorge
Sur la forge
Ell(e)s brillent
De leurs mille feux
Quand on veut
Les femmes
Qu’ont le trou du cul
Qu’a trop bu
Qu’on ferme
Comme un puits à sec
Comme un bec
Qui fanent
Dans le foin l’hiver
Sans ovaires
Les grosses
Qui font d’la dentelle
Sous l’aisselle
Qu’on pousse
À chier des p’tits pois
Dans la joie !
Qui moussent
Comm(e) toute un(e) chacune
Sous la lune
Ces belles
Qui n’pass(e)nt pas leurs nuits
Qu’dans leur lit
Femelles
Qui s’ouvr(e)nt pour la gloire
Sans espoir
Emmêlent
Leurs chiffons d’amour
PAR AMOUR
Toutes elles défilent dans Ta Rue mon vieux Louis. Ces Perles, toutes elles défilent… dans Ta Vie !
Juliette
La p’tite amazone
De ma zone
Coquette
Se pend à mon cou
Tout tout doux
Bébête
Ell(e) marmonne un p’tit :
« Tu m’aimes dis ? »
Philippe Baudet
(N.B. Fin des années 70 pour les trois premières strophes, milieu des années 80 pour le reste. Mise en musique, dès l’écriture des premières strophes. Mais avec “variations” pour la suite de la chanson.)