L’Aube est de pluie (Prière), est un poème que j’ai écrit en 1988-1990.
En 2012 j’en ai fait des études audios sur mon petit dictaphone de poche (accompagné entre autres instruments, du vieux piano-branlo), pensant les refaire au propre « plus tard ».
Mais voilà ! Trop à faire. Ailleurs…
Quant à mes ébauches de 2012, comme pour toutes celles où j’ai voulu tenter de « mixer des sons » sur Little dictaphone Olympus, n’ayant que mon petit Olympus pour tout studio à l’époque, eh bien ma foi… Le son est ce qu’il est.
Je ne les proposais donc pas à l’écoute. C’était du matériel pour moi, en somme. Mais, pour ceux et celles prêts à braver l’inconfort auditif, eh bien en voilà une : Prière (ébauche 1) ce coup-ci. À vous de voir. D’écouter ou pas, plutôt.
Peut-être qu'un jour ou l'autre j'aurais mieux à vous proposer que cette ébauche audio, qui sait ?
(Reste le poème lui-même, cela étant.)
N.B. J'ai retrouvé deux ébauches audios portant le numéro 1 (?). Celle que je mets ici a bien des défauts, certes, mais présente néanmoins l'avantage que l'on en comprenne les paroles, me semble-t-il. (Car moins de "re-recording" que dans la précédente version que je vous avais proposée l’autre jour.)
(Je rappelle qu'il s'agit d'études, donc de recherches, d'où certaines hésitations...)
À noter aussi, que cette étude-ci porte sur la version courte du poème.
À suivre... Ou pas ?
Philippe Baudet, le 25 février 2023
Lien vers : https://phbaudet.art/p/1538-l-aube-est-de-pluie-priere-philippe-baudet-2012-etude-audio
*********************************************************
L’aube est de pluie… Sous les feuilles du chêne
Entonnent leur morne prière les vers
Ceux de la poésie car jamais ne causent
De causerie ceux de la chair pourrie
Qui les voit apparaître à l’heure grasse du trépas
Quand il se chante alors le vin des troubles fêtes…
Quand se dressent les noirs catafalques.
Quand se lèvent les trouble-fête : les osseux croque-morts.
Quand se ferme la mémoire sous leurs couvercles de plomb,
sur leur satin de nylon.
Quand se ferme la mémoire !
Et puis, quand se tait le temps… ; tandis que s’écoulent dans les mains ses gerçures,
GRAVURES qui suivent les lignes de vie – quelque crasse aussi !... ; et tandis que dans la tête s’engorge son pus… Viennent des Ombres !
Et ce qui sue ! ce qui se dépose dans les yeux ! ce qui s’infiltre au fond du nez : quelques démons mal amarrés ! Au creux des pores : ces choses éclatées dans la froidure des mortes chairs colorées, fleurs fanées de l’horrible paradis du jardin de Monet, rempli des ouistitis du Rousseau – candidat à l’Académie ! (Sous sa botte, les rates de sa fosse n’en reviennent pas…)
ET LE BAISER : le baiser d’un Judas – baiser de braise ! Le chagrin de Dieu… Ou ce baiser, celui de glaise : baiser de Pierre ! Ce Pierre qui avait dit : « Treize ! » ; mais qui se refera la table à onze, parmi des cicatrices…
Jamais ne plissent celles… des démones ! La belle humeur. Et que la plaie engraisse. Comme dans la ride : QUOI ? Le miasme peut-être ? Peut-être pas !...
Peut-être l’OR des ostensoirs dans les Églises-Cimetières. Le corps “hostique” – eucharistique nécrophagie !
L’aube est de pluie… Sous les feuilles du chêne
Entonnent leur morne prière les vers
Ceux de la poésie car jamais ne causent
De causerie ceux de la chair pourrie
Qui les voit se repaître à l’heure du glas des fêtes
Quand il se chante alors le vin trouble de la mort
(Philippe Baudet, 1988-1990)