(Les Voyages du diable)
MOI, PORTEUR-DE-LUMIÈRE…
(L’Ange Lucifer)
Profus,
Je m’en vais dans la lumière
J’ai bouclé mes valises
Mes malles, bourrées d’or …
De cet or que seul je vis !
J’épanche mes dialyses
Dans le sable de vos plages
Je quitte vos marées
J’en ai marre de vos mers ! ...
J’avais parfumé mon cœur
Ma voix, tout ! … mes poumons …
Que sais-je ?! …
Dans vos chaussons mes pieds
Ne faisaient guère de bruit !
J’ai songé à l’enter-
Rement …
Mais j’y ai renoncé, je suis
Frondeur ! – j’ai des revolvers ! Et puis…
Attention à vos filles ! ...
Si je leur fais de l’œil
C’est pour un peu de chair ! …
J’arrachais des chignons
Déjà, petit garçon ;
Les mettais sur mon cœur :
Aucune n’a pleuré ! …
Et leurs menstrues pourtant
Ne portaient pas de nom
En ce temps-là …
Attention dis-je ! …
Je ne m’en irai pas seul !
Je prendrai s’il le faut, même,
En otage
Quelque peu de votre femelle progéniture
Oui, un peu de femellitude …
Du galbe !
Pour mon paradis d’enfer
(Philippe Baudet, 17 décembre 1991)