L’Aube est de pluie (Prière) : Philippe Baudet, 2012 (étude audio)

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L’Aube est de pluie (Prière), est un poème que j’ai écrit en 1988-1990.

En 2012 j’en ai fait des études audios sur mon petit dictaphone de poche (accompagné entre autres instruments, du vieux piano-branlo), pensant les refaire au propre « plus tard ».

Mais voilà ! Trop à faire. Ailleurs…

Quant à mes ébauches de 2012, comme pour toutes celles où j’ai voulu tenter de « mixer des sons » sur Little dictaphone Olympus, n’ayant que mon petit Olympus pour tout studio à l’époque, eh bien ma foi… Le son est ce qu’il est.

Je ne les proposais donc pas à l’écoute. C’était du matériel pour moi, en somme. Mais, pour ceux et celles prêts à braver l’inconfort auditif, eh bien en voilà une : Prière (ébauche 3). À vous de voir. D’écouter ou pas, plutôt.

Peut-être qu'un jour ou l'autre j'aurais mieux à vous proposer que cette ébauche audio, qui sait ?

 

(Reste le poème lui-même, cela étant.)

 

 

Philippe Baudet, le 25 février 2023

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L’aube est de pluie… Sous les feuilles du chêne

Entonnent leur morne prière les vers

Ceux de la poésie car jamais ne causent

De causerie ceux de la chair pourrie

Qui les voit apparaître à l’heure grasse du trépas

Quand il se chante alors le vin des troubles fêtes…

 

Quand se dressent les noirs catafalques.

Quand se lèvent les trouble-fête : les osseux croque-morts.

Quand se ferme la mémoire sous leurs couvercles de plomb,

sur leur satin de nylon.

Quand se ferme la mémoire !

Et puis, quand se tait le temps… ; tandis que s’écoulent dans les mains ses gerçures,

GRAVURES qui suivent les lignes de vie – quelque crasse aussi !... ; et tandis que dans la tête s’engorge son pus… Viennent des Ombres !

Et ce qui sue ! ce qui se dépose dans les yeux ! ce qui s’infiltre au fond du nez : quelques démons mal amarrés ! Au creux des pores : ces choses éclatées dans la froidure des mortes chairs colorées, fleurs fanées de l’horrible paradis du jardin de Monet, rempli des ouistitis du Rousseau – candidat à l’Académie ! (Sous sa botte, les rates de sa fosse n’en reviennent pas…)

 

ET LE BAISER : le baiser d’un Judas – baiser de braise ! Le chagrin de Dieu… Ou ce baiser, celui de glaise : baiser de Pierre ! Ce Pierre qui avait dit : « Treize ! » ; mais qui se refera la table à onze, parmi des cicatrices…

Jamais ne plissent celles… des démones ! La belle humeur. Et que la plaie engraisse. Comme dans la ride : QUOI ? Le miasme peut-être ? Peut-être pas !...

Peut-être l’OR des ostensoirs dans les Églises-Cimetières. Le corps “hostique” – eucharistique nécrophagie !

 

« Je vous salue Marie, femme fatale,

Pour vous,

Je dormais ce soir seule dans la cale,

En somme…

 

À moi les fleuves gelés, l’hiver,

À moi le sang le feu et le fer,

Les âmes triste(s) au grand complet

Et leurs misères,

Et l’homme replet en complet

Que l’on enterre !

 

À vous les processions,

À vous l’or et l’argent

Sous couvert de Passion,

 

À vous les indulgen-

Ces. À moi la Question

Et à moi les tourments !

 

Je vous salue Marie, femme fatale,

Pour vous,

Je dormais ce soir seule dans la cale,

En somme…

 

Votre fruit est béni…

Entre toutes les femmes votre fruit est béni…

Le fruit de vos entrailles est béni…

– eucharistique nécrophagie ! »

 

L’aube est de pluie… Sous les feuilles du chêne

Entonnent leur morne prière les vers

Ceux de la poésie car jamais ne causent

De causerie ceux de la chair pourrie

Qui les voit se repaître à l’heure du glas des fêtes

Quand il se chante alors le vin trouble de la mort

 

 

 

(Philippe Baudet, 1988-1990)