À propos

(Dimanche soir, 25 janvier 2009 ; le temps d’un soupir.)

À QUELQUE ILLUSTRE PERSONNAGE…

Je ne suis qu’un quidam. Pour vous un inconnu. Personnellement, je me connais… un peu : il m’arrive de me croiser.

Moi, le poète


On est si peu et l’on et si nombreux, amis poètes.

Si peu, si nombreux. Des couches sur des couches. Des vagues sur des vagues.

Je voudrais vous promettre, pouvoir vous promettre, de ne pas tenter de me faire publier : vous avez déjà si peu de lecteurs, je m’en voudrais d’en détourner un seul – lecteur –, de vos précieux trésors.

Ce que je ne peux vous promettre, en revanche, amis, c’est, le temps que durera mon citron, le temps que j’aurai des doigts, de ne point le presser. Jusqu’à l’ultime goutte.

Comprenez : il en va de ma vie ; de ma survie.

Alors laissez-moi écrire.

Dans mon lit. Sous ma table. Sur les chiottes.

Tant que mes doigts bougent.

Je ne voudrais cependant vous faire ombre, même d’un ongle !

Je NE POURRAIS vous faire ombre : vous êtes si beaux, si beaux… J’en aurais honte !

Ô toi, l’Apollinaire, tu me plais tant.

Et vous autres de jadis et de naguère.

Je suis des vôtres. Eh oui, c’est ainsi… Il faut vous y faire. Et moi ? Moi aussi je dois m’y faire. C’est comme ça. On est si peu et l’on est si nombreux. On est que dalle et l’on est foultitude. On grouille, on grouille. Dans les greniers et dans les caves. On rampe. Lézards, jusqu’à l’offset. Excepté moi. Moi je reste sur ma paille.

Un œuf.

Il faudrait un éditeur inconscient et courageux ou un peu con pour oser me publier : des frais pour des prunes. Ouais ! Il faudrait vraiment qu’il soit très con : mes pages c’n’est pas la Bible. Personne ne viendra y bêler, en suivant, dans le missel, le coup de gong d’un quelconque curé-chef de chœur ; son geste de la main donnant la mesure. Qui serait MA mesure alors. (« Hop ! »)

On ne m’attend pas.

On ne me sait même pas.

Aucun poteau-indicateur. Nulle signalisation : « Ici ! C’est là ! C’est lui ! Lui… qui ne… bouge même pas… de sa chaise ; le cul bien “au secret”… dans sa tour d’ivoire ! Venez voir ! Là ! Là ! Là ! Là ! Typographes à vos typos ! »

Non. Ce serait indélicatesse. Quand tellement d’écrivains nouveaux, chaque jour nouveau que fait le bon Dieu, naissent et défilent à la queue leu leu avec la corde au cou, tels les « Bourgeois de Calais » de Rodin, tous pressentant le fouet sur leurs fesses et dans leurs mains où coule… le divin liquide : l’encre noire. Et parmi eux, Rika Zaraï…

Tandis que dorment en plaquettes, poètes, dans les grosses et les petites têtes : les enfants-choux ; dans la vieille bibliothèque ou sous le lit, entre deux pantoufles ; vite oubliés, pas même lus ; ou bien encore se mourant au firmament, dans les guitares de JLM. Bergheaud.


On n’a pas le temps, on ne l’a pas… de lire le tiers, le quart, le centième, de ce qu’il faudrait lire de poésie.

On n’a pas le temps, on ne l’a pas.

Il vaudrait mieux lire cent fois le même poème que d’en survoler cent.

On n’a pas le temps, on ne l’a pas.

Un seul poème ? : il donne de l’eau (ou du vin) jusqu’à la fin des temps.

L’on n’est pas quitte envers un poème en (ne) l’ayant lu (que) du bout des dents. Il faut le croquer. Comme Ève, sa pomme. Franchement. Succulemment. Le mâcher longuement, lentement… Le savourer.

N’ayez pas peur de le tuer : c’est un gibier qui ne meurt pas. Qui sans cesse se “replume”. De ses plumes de paon. Ou bien de sa peau si profonde qu’on n’arrive pas à atteindre le fond de la bête : l’os. Ou alors… d’une peau tellement glissante que, truite, elle vous file entre les doigts. Des sauts. Un éclat. Du bleu. Des sauts. Un éclat. Du vert. Des sauts. Un éclat. Argent !

Ça s’imprime dans ta cervelle, fugace ou pour longtemps ; c’est à toi de voir, toi qui crois en avoir fait le tour en un tour de tourne-disque. “Tourne-disque” ? « Hé !, hé !, hé !, hé !... »

(Philippe Baudet, janvier 2009)

LA PELLE (+ LA PELLE : Philippe Baudet, 2012 + 2019 (étude audio))
Qui peint ? C’est l’algue

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SUR LA PLAGE, QUE VOIS-TU ? (+ Sur la plage, que vois-tu ? : Philippe Baudet, 2012 + 2019 (étude audio))
La main… …tableau, Le doigt Qui ploie Dans l’eau. Tu vois ? tu vois ? tu vois ?

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ELBEARD : Philippe Baudet, 2019
ELBEARD : Philippe Baudet, 2019

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couic B-afrus 5 : Philippe Baudet, 2016
Dans la famille "Couic", je demande : couic B-afrus 5 !

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Trace : Philippe Baudet, 2019
Trace

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UNE VIE… (+ Une Vie : Philippe Baudet, 2012 (coquis audio sur petit dictaphone de poche))
Philippe Baudet, 2012 (croquis audio sur petit dictaphone de poche)

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UNE VIE… (+ Une Vie : Philippe Baudet, 2012 + 2019)
Je vous ai Voué Ma vie, Ô chimères ô… Vous m’avez offert, Ô chimères ô, Un délicieux rêve. Une vie.

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UN SOIR AU RESTAURANT (+ A TABLE (Un soir au restaurant) : Philippe Baudet, 2012 (étude audio))
Je vous salue Marie. Nous avions fait un beau voyage dans un repas de bonne humeur, où coula, si suave, la salive sur la table.

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AU CIRQUE DU DIABLE (+ Au Cirque du diable (version "expérimentale") : Philippe Baudet, 2012 + 2014 (étude expérimentale))
Davantage un témoignage de la période courant de 2012 à 2014, qu'une version vraiment "audible" de "Au Cirque du diable"

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EXERCICE (+ VERS UN VILLAGE DE L'ARRIERE : Philippe Baudet, 2012 + 2019 (étude audio sur un poème d'Apollinaire))
Tous quatre de la classe seize Parlaient d'antan non d'avenir Ainsi se prolongeait l'ascèse Qui les exerçait à mourir

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LES ARMES (+ OTOSPONGIOSE : Philippe Baudet, 2019)
Vous verrez des chiens tomber. Vous verrez des hommes tomber. Verrez-vous des arbres tomber ? Non. Car il sera trop tard pour vous…

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MIDI ! (+ Salade composée : Philippe Baudet, 2018 + 2021)
Le bassin là dans la fosse Stagne enfin parmi les pains Le regard avide chausse Ses besicles d’Arlequin

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"C'est Glacier", suite : "C'est glacier" - cube 1 (Philippe Baudet, 2018-2019)
Pas de haut, pas de bas, pas de tête, pas de pieds… Que des bras : des gros et des gras, des minces aussi, des maigrelets même. Tarentule...

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"C'est Glacier", suite : "C'est glacier" - cube 5 (Philippe Baudet, 2018-2019)
C’est des yeux… dans l’abîme. Dans l’abîme cela grogne. C’est une râpe mahousse et c’est ours : C’EST GLACIER.

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"C'est gacier", suite : une autre étude vocale (sous-couche vocale 5) : Philippe Baudet, 2018-2019
Le vent dans la plaine Défrise Tous ceux qui regardent Le mouton de laine Qu’épuisent L’hiver et sa garde

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chantier "c'est glacier" : est-ce ici qu'on va l'ouvrir ? Ouh là là ! Oh, oh : C'est parti ! (sous-couche vocale 6) Philippe Baudet, 2018-2019
("On ne va pas tout mettre quand même ?! - Non, non, t'inquiètes ! Seulement trois ou quatre. - Oui, mais par quel "opus" démarre-t-on ? ...

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corbeaux - variantes (+ AUTRE : Philippe Baudet (piano branlo de 2013 enregistré avec mon R26 et complété en 2016) - étude)
(variantes et variations)

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SE CACHE L’ARTISTE… (+ SE CACHE L'ARTISTE : Philippe Baudet, 1991 + 2020)
Un jour je fus un ange, avec tout l’attirail : Je volais de nuage en mirage mon cher Oui, je croyais que l’art c’était l’universel ...

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